Pôle communautaire
de services à Roquefort

Transcender le matériau

Roquefort est une commune située aux confins de l’Albret et de l’Armagnac, aujourd’hui capitale du pays du Marsan.

C’est une bastide fondée par Gaston Phébus en 1357 au confluent de l’Argenton et de la Douze autour d’un prieuré implanté là par les bénédictins de Saint-Sever sur l’emplacement de l’ancien château fortifié du vicomte de Marsan.

Le nouveau pôle communautaire rassemble dans le quartier de la Pologne situé rive droite de l’Argenton, des services précédemment éparpillés dans la ville dans des locaux peu adaptés et peu identifiables sur l’espace public. Sa localisation de ce côté de l’Argenton en bordure de la place de la Pologne offre une belle opportunité de revitalisation et de valorisation à ce quartier jusque là excentré par manque d’équipement public. Elle donne à la ville de Roquefort un nouvel équilibre, une nouvelle lecture et un nouvel usage à son espace public. Le Pôle Communautaire construit la ville en qualifiant la place de la Pologne, place triangulaire dont il occupe sa base et l’axe de sa perspective. Il balise ainsi l’espace et le temps à Roquefort comme l’ont fait par le passé l’église de Notre Dame de l’Assomption, les arènes ou le cinéma.

Le projet se réfère de façon explicite à la typologie de l’église fortifiée de Notre Dame de l’Assomption, proche et visible sur l’autre rive, dont il reprend la typologie, l’échelle, la matière et la couleur. C’est une pièce urbaine qui développe et protège son espace à l’intérieur d’une enceinte implantée à l’alignement : Un « cloître » qui s’y déroule à l’arrière distribue chacune des unités fonctionnelles du programme décomposées en volumes distincts de dimensions plus ou moins équivalentes. Le volume le plus important abrite les bureaux de la Communauté des communes, tient l’arrière de la figure et ferme la perspective de son parvis articulé à la place.

Son écriture en plan comme en élévation fait explicitement référence au travail de Louis Kahn pour le couvent des sœurs dominicaines à Media en Pennsylvanie et à celui d’Avar Aalto pour la villa Schildt à Tammisaari en Finlande.
Le sable blanc des landes utilisé pour les bétons et la pierre de Saint-Martin d’Oney maçonnée donnent aux façades la tonalité qui répond à celle de l’église. Le pin maritime utilisé comme élément graphique pour les façades intérieures et le mur rideau emblématique de son entrée, mais aussi comme matériau de construction pour les charpentes, les menuiseries extérieures, intérieures et le mobilier racontent son appartenance aux Landes de Gascogne et son attachement aux savoir-faire des artisans locaux.

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Dates 2007-2010
Surface 373 m²

Dédale — Quels édifices ont pu vous émouvoir ?

Les édifices ou les villes qui nous ont émus restent encore aujourd’hui en petit nombre. Pour les évoquer simplement,
ce sont notamment – pour ceux qui me reviennent en mémoire :
la Bibliothèque des livres anciens à Yale, la Chapelle
de Ronchamp, l’Église de Piétilä à Helsinki.